SOURCE : Diocèse de Montréal

L’Église anglicane est une église chrétienne, catholique et réformée. Elle est chrétienne car elle est fondée sur le Christ et ses enseignements. Elle est catholique, donc universelle. Et elle est réformée, car sa structure, constituée de laïcs, de diacres, de prêtres et d’évêques, a été rajeunie au XVIe siècle.

La doctrine de l’Église anglicane

L’Église anglicane proclame la foi catholique et apostolique. Sa doctrine et ses enseignements sont fondés sur les Écritures, la tradition et la raison.

Les Écritures

La Bible est le livre qui présente la parole de Dieu. On y retrouve « tous les éléments essentiels au salut » (Lambeth 1888). C’est elle qui régit la foi et en établit les balises.

Les 39 livres de l’Ancien Testament présentent l’oeuvre de la création divine ainsi que le récit de l’histoire du peuple de Dieu. On y retrouve le récit de sa révélation graduelle au peuple d’Israël : les lois qu’il transmit à son peuple, la façon dont il l’a connu tout au long des péripéties avec les peuples voisins. Le Nouveau Testament (27 livres) couvre la période qui s’étend de la naissance du Christ au ministère des premiers apôtres. Les quatre premiers livres du Nouveau Testament, les évangiles, présentent la vie, les réalisations, les enseignements du Christ, de même que sa mort et sa résurrection tels que racontés par ses apôtres. Le livre des Actes des apôtres témoigne des premiers balbutiements de l’Église après la mort de Jésus. Enfin, les épîtres, des lettres écrites par les apôtres, relatent leur expérience missionnaire aux quatre coins de l’empire romain.

Étant à la base de notre foi, la Bible est très présente dans la liturgie dominicale, puisque quatre passages de la Bible sont lus lors du service. De plus, de nombreux passages du Livre de la prière commune, du Book of Alternative Services et du Livre des liturgies contemporaines sont tirés de la Bible.

La Bible est tout aussi présente dans les autres liturgies, qu’il s’agisse de la prière du matin, de la prière du soir ou des liturgies sacramentelles.

La tradition

Nous ne vivons pas isolés, car nous appartenons à une Église dont la foi vibre depuis 2000 ans. La tradition est le résultat de deux millénaires de vie chrétienne, de 2000 années d’expérience en tant que Chrétiens dans le monde. La tradition s’exprime particulièrement par la Bible, les Credo (des professions de foi écrites au cours des premiers siècles de l’Église), les sacrements (surtout la dernière Cène [l’eucharistie] et le baptême) et le ministère clérical que le Christ a transmis à son Église.

La tradition s’exprime de mille et une façons : dans une variété de styles liturgiques, de langues, de cultures, de styles architecturaux et de musique. D’ailleurs, la tradition cultive cette diversité. Nous cherchons à donner de la valeur à la vie et au vécu que tout individu peut faire partager à sa communauté de foi. Car n’oublions pas que l’offrande de chacun s’imbrique à la vie de l’ensemble de la communauté et contribue à l’enrichir et à l’embellir.

La raison

Chacun de nous doit décider avec l’aide de Dieu comment appliquer la tradition et les Écritures dans notre vie. La relation individuelle que nous avons avec Dieu nous permet de réaliser pleinement notre vie. Juxtaposée aux Écritures et à la tradition, la raison nous pousse à chercher les réponses à nos propres interrogations et à grandir spirituellement. Le fait de participer à une communauté de foi nous renforcit afin que nous puissions apporter notre foi dans le monde. En reliant les Écritures, la tradition et la raison, nous renforcissions notre foi et grandissons comme enfants de Dieu.

Seigneur Dieu, tu nous bénis en nous donnant les Écritures, la tradition et la raison,
et avec elles, tu nous permets, en tant qu’enfants de Dieu, de nous rapprocher de toi.
Sois présent auprès de tous les gens
qui cherchent à mieux te connaître et à appartenir à ta communauté de foi
et transmets partout dans ce monde ton message d’amour et de paix,
nous te le demandons par Jésus le Christ notre Seigneur.
Amen.

Le développement de la communion anglicane

Le Christianisme s’est graduellement étendu à l’ensemble de l’empire romain et s’est implanté en Angleterre durant l’occupation romaine. Comme dans toutes les autres pays d’Europe, l’Église anglaise était en communion avec l’Église de Rome jusqu’à la fin du Moyen-Âge.

Au cours du XVIe siècle, les Églises de plusieurs pays d’Europe se sont penchées sur le sens profond du Christianisme et ont réévalué sur leur lien avec Rome. Du fruit de cette réflexion est née la Réforme. Au risque de trop simplifier, l’Église avait évolué différemment dans chaque pays, car les communications étaient difficiles au Moyen-Âge. À la Renaissance, on note l’invention de l’imprimerie et la reprise des communications. Rome souhaite alors plus d’unité dans l’Église ; elle souhaite également récupérer certaines sommes d’argent qu’elle estime lui être dues. Certains pays obtempèrent, d’autres non. C’est ainsi que de grands érudits religieux comme Luther, Calvin et Cranmer protestent contre les dictats romains et établissent — souvent contre leur gré — les bases de nouvelles Églises.

La Communion anglicane s’est développée en trois phases. La première fut le schisme entre l’Église d’Angleterre et celle de Rome. Le schisme s’est officialisé en 1534 lorsque le roi Henri VIII a rejeté officiellement la juridiction du Pape sur l’Angleterre. Soulignons que même si la petite histoire retient les motivations personnelles du roi, les théologiens anglais avaient moult justifications religieuses pour appuyer cette séparation. À la mort d’Henri VIII, l’Angleterre fit un bref retour sous le giron romain avant de s’en écarter de nouveau au tout début du XVIIe siècle.

S’il fut officiellement réalisé dans la seconde moitié du XVIe siècle et définitivement scellé au début du XVIIe siècle, on constate généralement en étudiant l’histoire de l’Église que ce schisme est le fruit d’une évolution divergente de nombreuses Églises « nationales » au cours du Moyen-Âge, une époque au cours de laquelle les communications étaient difficiles.

La seconde phase résulta de la colonisation britannique des États-Unis, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud. Suite à cette expansion qui survint essentiellement entre le XVIIe et le début du XIXe siècle, l’Anglicanisme était présent aux quatre coins du monde, mais essentiellement en milieu anglophone.

Enfin, la troisième phase de développement de la Communion anglicane débuta vers la fin du XVIIIe siècle. Les Églises d’Angleterre, d’Irlande, d’Écosse et du pays de Galles ainsi que les jeunes Églises des nouveaux pays envoyèrent des missionnaires aux quatre coins du monde pour y établir des paroisses anglicanes.

Aujourd’hui, grâce essentiellement à l’oeuvre missionnaire, l’Église anglicane est présente dans toutes les régions du monde. S’il est difficile de tracer un portrait physique de l’anglican ou de l’anglicane type, on peut tout de même affirmer qu’il y a de fortes chances pour qu’il s’agisse d’une personne au teint basané qui ne parle pas l’anglais. En effet, la communion s’exprime dans plus de cent langues différentes, et sur les quelque 70 millions d’Anglicans, quelque 3,5 millions sont d’expression française.

De plus, l’Église anglicane a une forte coloration locale. Chaque nation vit et célèbre sa foi selon ses coutumes.

Mais quel que soit le pays et quelle que soit la langue, les Églises anglicanes affirment et proclament la foi catholique et apostolique établie selon les saintes Écritures et interprétée à la lumière de la tradition et de la raison. Conformément aux enseignements de Jésus-Christ, les Églises se consacrent à proclamer la bonne nouvelle de l’Évangile à la création tout entière. La foi, l’organisation religieuse et la pratique sont exprimées par des liturgies communes comme le Livre de la prière commune, ainsi que par certains documents de principes généralement discutés par l’ensemble des évêques — notamment lors de la Conférence de Lambeth.

Quelques questions à propos de l’Église anglicane

Qui dirige l’Église Anglicane ?

Les Églises de chaque pays sont autonomes. Ainsi, au Canada, le « représentant en chef » de l’Église est le primat. Le synode général est l’organisme législatif de l’Église anglicane du Canada ; il se réunit aux trois ans pour discuter des affaires de l’Église et en édicter les lois et les canons. Ce synode est composé de l’assemblée des évêques ainsi que de l’assemblée des prêtres et des laïcs élus dans chacun des diocèses. Toute résolution présentée au synode doit être approuvé à la double majorité.

L’Église anglicane du Canada est divisée géographiquement en provinces puis en diocèses. Par exemple, le diocèse de Montréal regroupe toutes les paroisses anglicanes de l’île de Montréal et des régions limitrophes de la Montérégie, du Sud-Ouest du Québec, de l’Outaouais, des Laurentides et de Lanaudière (soit approximativement un rayon de 80 km autour de Montréal).

Le diocèse est dirigé par un évêque et gouverné par le synode diocésain dont le fonctionnement s’apparente à celui du synode général. L’évêque a juridiction épiscopale sur son diocèse, et particulièrement sur les prêtres qui y exercent le sacerdoce. C’est notamment lui qui attribue les permis d’exercice aux prêtres et aux personnes qui se consacrent à d’autres ministères (les catéchistes, par exemple).

L’église locale est l’unité de base — et c’est aussi l’élément le plus visible pour l’ensemble des fidèles. Depuis les années 1960, la notion de paroisse territoriale a graduellement été remplacée par une notion de communauté chrétienne où se rassemblent des hommes et des femmes qui louent Dieu et tissent graduellement des liens entre eux. Au niveau local, l’église est dirigée par un conseil de fabrique formé du curé, d’un marguillier nommé par celui-ci ainsi que d’un autre élu par les paroissiens lors de l’assemblée générale annuelle.

Soulignons ici qu’il n’y a pas d’autorité au-dessus de celle de l’Église nationale. Néanmoins, la communion anglicane assure sa cohésion en se réunissant aux dix ans en Conférence de Lambeth et à l’occasion en formant des comités internationaux ad hoc. L’archevêque de Canterburry est le chef de la Communion anglicane et le symbole de cette unité. Mais il n’a aucune autorité directe sur les Églises nationales.

Quelle est la perspective de l’Église anglicane sur le mariage, la famille et le sacerdoce ?

La mission première de toute vie chrétienne est d’aimer. Cet amour trouve sa manifestation classique dans la famille et les valeurs qu’elle véhicule. Dans cette perspective, la vie de couple doit refléter cette mission et non un simple désir de procréation. En vertu de ce principe, la planification des naissances devient une obligation de la famille chrétienne. Le choix de la méthode est laissé à la discrétion du couple.

Le mariage est un engagement à vie et l’Église en affirme la pérennité. Cependant, par égard pour ses fidèles divorcés, elle permet la célébration d’un mariage subséquent dans certains cas.

Suivant la foi de l’Église primitive et comme dans les Églises orthodoxes et catholiques orientales, le prêtre anglican peut choisir de se marier s’il le veut. Cette possibilité est une grande richesse car elle permet une meilleure compréhension de tous les aspects de la vie chrétienne. De plus, hommes et femmes ont accès au sacerdoce. Le clergé enrichit donc sa spiritualité par la présence des femmes.

Nous tenons aussi à souligner qu’il existe d’autres façons de vivre l’amour de l’Église et les communautés religieuses en sont un bon exemple.

Les sacrements sont-ils célébrés dans l’Église anglicane ?

L’Église anglicane célèbre les deux grands sacrements du baptême et de l’eucharistie, ainsi que les cinq autres rites sacramentaux : la confirmation, le mariage, l’onction de guérison, la confession et l’ordination sacerdotale.

Le dimanche (et à d’autres moments en semaine), on célèbre l’eucharistie. La liturgie eucharistique comprend la liturgie de la parole (trois lectures de la Bible, un Psaume et le sermon) puis le repas eucharistique. Selon la tradition de l’Église primitive, les fidèles communient sous les deux espèces.

Quel est l’enseignement de l’Église anglicane sur la Vierge Marie ?

Nous croyons que Jésus est né de Marie, enfantée par l’Esprit, grâce à sa parfaite soumission à la volonté de Dieu. Nous reconnaissons donc à la Vierge la place privilégiée que lui donnent les saintes Écritures. Plusieurs fêtes du calendrier liturgique lui sont dédiées.

Les saints sont-ils célébrés dans l’Église anglicane ?

L’Église anglicane est fondée sur les Écritures, la tradition et la raison. Or, les saints sont un élément important de la tradition. Dans le calendrier liturgique, on célèbre donc la fête des grands saints qui ont marqué l’histoire de l’Église.

Qu'est-ce que l'anglicanisme?

Une tentative de résumer en quelques minutes qui nous sommes...